Depuis que j’ai entamé des démarches de décroissance dans mon quotidien, je réfléchis de plus en plus avant de faire des achats. On a souvent parlé de mode locale ici sur le blogue, mais cette année, j’ai décidé de repenser la manière dont je consomme les vêtements. L’industrie de la mode est l’une des plus polluantes au monde, et les conditions dans lesquelles sont fabriquées nos guenilles sont souvent plus que déplorables.

Heureusement, les gens sont de plus en plus conscientisés à l’importance du slow fashion – et le magazine Bienséance, qui a publié son premier numéro il y a quelques mois, en est un excellent exemple.

J’ai posé quelques questions aux fondatrices de ce très joli projet papier pour en savoir plus sur leur initiative.


Depuis combien de temps préparez-vous ce magazine?

Le magazine en soi a commencé à prendre forme à la fin du printemps. Mais l’idée derrière Bienséance a germé il y a un peu plus d’un an.

C’est évident que le discours sur la « slow consumption » (que ce soit au niveau de la mode, de la bouffe ou toute autre industrie) est devenu vraiment courant, mais ce n’est pas tout le monde qui le comprend réellement.

Facebook / Bienséance

Étant trois grandes consommatrices de fast fashion, mais également trois filles super intéressées par les enjeux sociaux et environnementaux, on est devenues « étouffées » par les effets pervers d’un cycle de consommation rapide. En s’encourageant l’une et l’autre, on a commencé à s’informer activement sur le marché et on a commencé à réduire notre consommation. Puis, en peu de temps, on a découvert un marché vraiment accessible mais bien trop méconnu.

C’est pour ça qu’on a fini par lancer l’idée du magazine. On veut faire les efforts de recherche pour éviter que les autres aient à le faire. De cette manière, on démocratise la mode éthique et on prouve aux lecteurs que ce n’est vraiment pas si difficile que ça, de se sentir bien lorsqu’on achète des vêtements.

On sent vraiment un désir d’éducation dans votre magazine (avec les explications sur les fibres ou le lavage de vêtements, par exemple). Est-ce que c’est un aspect important pour vous?

Vraiment ! En fait, notre objectif premier est de démocratiser le slow fashion. On se voit davantage comme un média informatif. Si on souhaite qu’il y ait un changement durable dans l’industrie de la mode, il faut que les gens soient informés des impacts de leur consommation. Aujourd’hui, quand on rentre dans un Forever21, on voit uniquement l’esthétisme et le prix. On ne regarde pas plus loin; et c’est ça le problème.

Pour nous, c’est important de démontrer 2 choses : tous nos choix de consommation ont des impacts réels et des alternatives tout aussi esthétiques et abordables existent !

Facebook / Bienséance

Pourquoi publier un magazine alors que le numérique est en force?

On s’est souvent fait poser la question! Et bien qu’on soit très conscientes que le digital est en train de prendre le dessus sur les médias traditionnels, on considère que justement, c’est un atout pour nous.

Premièrement, on peut dire que le monde des médias numériques devient de plus en plus saturé. En plus d’un nombre vraiment important de blogueurs et d’influenceurs, c’est souvent difficile pour les internautes de différencier le contenu authentique des publications sponsorisées.

bienséance
Facebook / Bienséance

Aussi, aujourd’hui, on consomme les informations tellement rapidement, en lisant des journaux ou des blogs sur nos cell en allant travailler le matin ou à la pause cigarette… Mais lorsqu’on se retrouve avec un magazine imprimé ou un livre entre nos mains, on « ralentit », si on veut, notre consommation d’information. On prend le temps de s’assoir avec un bon café et on s’imprègne dans une lecture beaucoup plus profonde. On prend davantage le temps d’apprécier le contenu qu’on lit.

Vos photos sont super belles! Qui a fait la direction artistique?

Merci! On est tellement contentes du résultat! À peu près 90% de notre magazine a été fait par nous, de la conception graphique à la rédaction, en passant par la direction artistique et le stylisme. Par contre, on ne peut pas prendre le mérite sur la photographie! C’est Magalie Massey qui a capturé la plupart des clichés. Tout a été photographié en numérique, mais Magalie a une touche vraiment unique.

Facebook / Bienséance

À quoi on peut s’attendre pour les prochains numéros?

On prévoit en lancer 2 par années (automne/hiver et printemps/été). Notre premier numéro était plutôt une sorte d’introduction au slow fashion, en ciblant différents sujets assez larges. Pour les prochains, on envisage des thèmes plus précis, comme le seconde main.

Et si la réception du marché est bonne, on souhaite vraiment aller chercher des designers partout au Canada, et peut-être même, une édition bilingue !

Bienséance est disponible en ligne au très petit coût de 8$.
En attendant le prochain numéro, on suit le projet sur Facebook et Instagram.