Même si elle a déjà fait des triathlons, l’Inde à vélo, qu’elle enseigne le yoga et (par-dessus le marché) qu’elle rêve de devenir astronaute, Chloé, aka Marie-Gold, se consacre actuellement à sa passion : la musique. Elle vient tout juste de sortir son premier EP qui laisse deviner une artiste plus mature et sensible que la rappeuse disjonctée du collectif de rap féminin Bad Nylon.

Après s’être consacrée pendant quatre années à son girl gang, Marie-Gold se concentre sur sa carrière solo. Elle était en Belgique lorsqu’elle a annoncé que son EP Goal : Une Mélodie  sortirait le 11 mai. Je la rencontre au Lapin Pressé pour discuter de son nouveau projet, puis on niaise au Parc Laurier pour profiter des premiers rayons du mois.

Photo : Eloïse Chagnon / @elovelo/instagram

Malgré une magnifique lancée pour son groupe, elle déplug Bad Nylon. « Je sentais qu’un jour, on allait plafonner parce qu’on avait chacune des aspirations différentes dans la vie », justifie-t-elle.

De son côté, Zoé Tremblay voulait se consacrer à son métier d’actrice et Chloé a écarté ses études à la Polytechnique pour se donner à son projet de musique. « Car s’impliquer à 100% dans un truc, c’est crissement de l’énergie, tsé. Je pense qu’on a été courageuses et matures d’arrêter ça au bon moment pour se concentrer sur nos trucs respectifs. »

« Ce que je crée aujourd’hui, c’est plus du rap que moi j’écoute, où je me permet d’être sensible, où je parle de mes struggles et de mes ambitions. Mon EP Goal : Une Mélodie donnera moins envie de faire le party. Disons que je me sens plus mature, ouais ! »

« Comme si Bad Nylon était une école et que j’y ai appris à maîtriser ce langage-là. »

Mary-Gold
Photo : Eloïse Chagnon / @elovelo/instagram

Mais voler de ses propres ailes est aussi synonyme de débrouillardise, et Marie-Gold semble tout autant exceller dans ce domaine (coudonc, elle gosse donc ben d’avoir tous les talents).

« Je travaille sur tout ce qui est organisation de mes spectacles et des entrevues, c’est de la gestion en titi en plus de composer, mixer et écrire… ah pis y’a les tournages des vidéoclips aussi. » La musicienne a maintenant une relationniste de presse, mais elle fait vraiment tout le reste, sans avoir la moindre hésitation. « Pour vrai, j’ai toujours été super à l’aise au niveau organisationnel. Mais en ce moment, j’avoue que j’investis tout mon temps libre et mes sous dans mon projet. J’ai lâché mon emploi pour me consacrer à ça à 100% ». Être passionnée comme elle, ça prend du guts en titi (je trouve).

Pour une fille qui, cinq ans plus tôt, n’avait aucune base en musique, on peut dire qu’elle a fait du chemin. « Je ne savais même pas qu’il y avait d’autres gammes que le do, ricane-t-elle. C’est l’écriture qui a toujours fait partie de ma vie. Je faisais des concours d’art oratoire dès l’âge de 9 ans, qui consiste à apprendre un texte et le réciter devant public. La poésie est venue plus tard. »

Au moment de sortir du cégep en communications et après y avoir fait de l’improvisation, elle sent que tout ce que qu’elle a accompli jusqu’à présent est éphémère. « La musique m’avait toujours intéressé et là, je côtoyais des gens qui faisaient de la musique et du rap de manière professionnelle. Je me suis rendue compte que le rap pouvait être sérieux », avoue-t-elle.

D’ailleurs, la jeune musicienne en herbe a été chanceuse de pouvoir compter sur son père, qui possédait le studio Victor à l’époque. « J’ai passé énormément d’heures à mixer par essai erreur, j’ai beaucoup appris toute seule, confrontée à moi-même. »

Photos : Eloïse Chagnon / @elovelo/instagram

Questions RAPonses :

Tu as participé à un rap battle à Québec il y a quelques mois et le Journal de Montréal en avait même parlé! Comment tu fais pour te préparer mentalement en tant que femme dans le monde hip-hop, où la misogynie est souvent présente ?

« Ben tu écris beaucoup, tu pratiques, vu qu’on sait d’avance contre qui on va se battre. Il faut comprendre le « personnage » de l’adversaire. Il faut aussi se mettre des barrières… parce qu’outre le moment où il m’a regardé le cul, le reste, je n’ai rien pris personnel. C’est lui qui a eu l’air cave, parce que même le Journal de Montréal l’a traité de misogyne.»

Et si tu as un blanc de mémoire ?

« Si tu as un blanc de mémoire… t’essaies de pas avoir de blanc de mémoire ! »


Qu’est-ce que tu écoutes le plus en ce moment ?

« Flower Boy de Tylor the Creator : cet album est tellement beau et bon, il alterne entre des raps très violents et d’autres plus doux et jazzy, ses beats sont organiques et ça m’intéresse grandement. C’est bon d’avoir un ton très clair, mais c’est amusant d’explorer d’autres avenues… Comme Princess Nokia, qui vient de sortir un truc vraiment emo haha ! Le rap belge aussi, j’aime leur façon de créer en collectif, ils sont très invitants. J’en reviens justement, j’ai rencontré une tonne de producers et j’ai passé à la télévision nationale, c’était malade. »

Marie-Gold lance officiellement son EP le 23 mai au Mezcal Collective, à Montréal. C’est par ici pour l’event!

Pour télécharger son EP : iTunes  |  Bandcamp

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Très sport | Photo : Eloïse Chagnon / @elovelo/instagram