La coopérative du Divan Orange l’a annoncé dimanche dernier, dès le printemps 2018, la salle de spectacle mythique du boulevard St-Laurent va arrêter ses activités pour de bon. Quand on a entendu la nouvelle, on est un peu tombé sur le cul. On avait eu peur en 2014 après les milliers de dollars d’amende pour bruit qu’avait reçus le Divan, mais là, le pire est vraiment arrivé.

divan orange

En tant que jeunes personnes friandes de musique émergente-alternative-nouvelle-name-it, on est passé par le Divan des centaines de fois (au moins). Le vieux plancher de bois, la table de baby-foot et le bartender à lunettes nous ont vus se pointer saison après saison pour voir des shows, boire des pintes et danser nos vies. Aujourd’hui, on est triste. Pour le Divan, mais aussi pour la culture.

On est des milliers à s’investir corps et âme pour la scène musicale alternative, à Montréal et ailleurs. On est des milliers à aimer nos artistes avant que la grosse machine embarque dans la game. On est des milliers à croire en eux. À coup de 7$ de cover à la porte, à coup de posts sur les réseaux sociaux, à coup d’albums achetés à la table de merch. À coup de petits articles, d’entrevues, de playlist pis d’amour aussi. Quand on voit un endroit comme le Divan mourir, c’est juste plate de réaliser qu’on est peut-être un peu tout seuls à y croire. Tout seuls par milliers, c’est quand même pas rien.

divan orange
©Flamme

Dans leur déclaration officielle, le Divan fait un appel aux instances gouvernementales pour que les petites salles, les incubateurs de notre culture, reçoivent de l’aide. Un appel que l’on vous transmet aujourd’hui :

«C’est pourquoi nous implorons les différentes instances politiques de réagir et de travailler main dans la main avec le milieu artistique, afin de reconnaître la contribution des scènes alternatives dans l’écosystème culturel et de créer, finalement, un programme de soutien pour assurer leur pérennité et leur protection. C’est loin d’être une idée délirante, ça existe déjà ailleurs.

La production et la diffusion de concerts de musique émergente accessible comportent des risques financiers majeurs, qui ne peuvent être supportés uniquement par la vente d’alcool. Une petite salle de spectacle, ce n’est pas un bar. Ça devrait être beaucoup plus que ça.»

divan orange

Nous, on le sait que c’est beaucoup plus qu’un bar. Dans ses 13 années d’existences, le Divan nous a fait vivre des moments incroyables, découvrir des artistes que l’on adore et est devenu un véritable emblème de notre scène musicale émergente. Il nous manquera cruellement.

En janvier, ils prévoient 30 nuits de «de show, de partys, d’amour, de passion, de débauches au travers d’une collaboration avec le festival SOIR». On vous promet de passer faire un tour, de lever un dernier verre à ce grand endroit. En attendant, on va continuer d’y croire à notre culture, d’y croire en criss. Pour eux, pour nous, et pour tous les autres.