Dans notre société actuelle, on parle de plus en plus de l’égalité des sexes. Que ce soit au travail, en famille ou dans notre vie amoureuse, on tend de plus en plus vers l’équité entre femmes et hommes.

Qu’en est-il toutefois de cette règle grammaticale qu’on nous lance dès nos premiers contacts avec l’écriture? Cette règle qui stipule encore aujourd’hui que le « masculin l’emporte » dans un contexte supposément neutre. L’image est forte. Le masculin gagne; le masculin a le dessus sur le féminin.

via GIPHY

Et si le féminin l’emportait?

Je ne comprends pas encore que, même dans un environnement majoritairement féminin, ce ne soit pas le féminin qu’on emploie. Il me semble qu’il serait logique de s’adresser à la majorité. Avez-vous déjà lu l’avis « l’emploi du féminin pour désigner des personnes n’a d’autres fins que celle d’alléger le texte » dans un document? On la voit apparaitre de plus en plus dans des milieux généralement féminins. Cet emploi n’est toutefois malheureusement pas généralisé à tous ces milieux. 

via GIPHY

Et si l’on accordait une place égale aux hommes et aux femmes?

Pour aller encore plus loin, pourquoi ne pas s’adresser réellement aux hommes ET aux femmes lorsqu’on sait que tous deux peuvent nous lire? Certains me répondront que cela alourdit considérablement le texte et vous n’aurez pas nécessairement tort. Or, bien que souvent critiquée pour son conservatisme, la grammaire française tend elle aussi vers une vision plus féministe. En effet, quoique la féminisation ne soit pas encore officiellement entrée dans toutes les grammaires, les grammairiens nous font quelques propositions pour féminiser nos textes.

via GIPHY

1. Écrire la forme masculine et féminine côte à côte dans leur entièreté.

Ici, il s’agit tout simplement de répéter le terme au masculin puis au féminin. Doit-on écrire la forme masculine ou la forme féminine en premier? Peu importe. Il s’agit de donner une place égale aux deux genres. On dira par exemple : les auteures et auteurs…

via GIPHY

2. Utiliser le principe de la neutralisation du discours (aussi appelé l’écriture épicène).

Pour éviter les répétitions, et par le fait même la lourdeur que cela entraine, on peut utiliser des tournures neutres qui ne désignent ni le masculin ni le féminin. Par exemple, pour parler des enseignants et des enseignantes d’une école, on pourrait employer l’expression « le corps enseignant ».

via GIPHY

3. Féminiser les noms de métier, fonction, grade et titre.

Trop longtemps, et encore aujourd’hui, les femmes qui occupent certains postes sont dénommées par des titres masculins, alors qu’une forme au féminin existe. En voici quelques exemples courants : docteure, professeure, auteure, réviseuse, chercheuse, experte-comptable… pour n’en nommer que quelques-uns. Bref, ces termes existent et il faut les utiliser et en être fier et fière!

Vous avez sûrement déjà vu passer des termes féminisés écrits avec des parenthèses ou des points, notamment dans nos articles. Cette pratique est à proscrire selon les grammaires… tout comme le sont les anglicismes et les termes familiers. Alors, à mon avis, c’est à prendre ou à laisser. Ça dépend surtout du contexte d’écriture.

féminisation

Bref, ce mouvement de féminisation en écriture s’est enclenché pour plusieurs raisons. On veut donner de la visibilité aux femmes dans le monde du travail et leur accorder la crédibilité dont elles sont dignes autant que les hommes. Surtout, une telle écriture atteste le respect que l’on porte à l’identité même des femmes. L’alourdissement d’un texte ou le travail supplémentaire qu’une telle prise de position demande ne devraient pas, à mon avis, surpasser la légitimation des femmes dans notre société.

Pour approfondir un peu plus la question, voici des liens vers quelques ressources pour nous guider dans la féminisation des textes :

Réponses aux questions fréquentes sur la féminisation (Banque de dépannage linguistique)
Guide général sur la féminisation (TERMIUM plus)
Guide de féminisation des noms de métiers, fonction, grade ou titre (fédération Wallonie-Bruxelles)
La féminisation dans la francophonie (Correspondance)