J’ai réfléchi longtemps (peut-être trop pour le timing Internet, but hey) à comment aborder la question des dénonciations d’agression et de harcèlement sexuel qui occupe toutes nos pensées ces temps-ci. Je pense que le monde n’a pas besoin de mon opinion sur le sujet, mais en même temps, j’ai une tribune, alors je peux en profiter pour l’utiliser de manière intelligente. En tout cas, j’essaie.

Et après en avoir parlé avec la team LPM, on réalise qu’un des trucs qui nous met le plus en colère, c’est le climat de victim blaming / shaming qui dégouline partout sur les réseaux sociaux, à la radio ou dans les discussions de 5 à 7. En collaboration avec des psychologues (ha !), on vous a donc sorti des petits trucs pour arrêter de rabaisser les victimes. Et donc, par ricochet, encourager la discussion et la dénonciation. Ah — et faire en sorte qu’il y ait moins de comportements à la Gilbert Rozon dans le monde.

agression sexuelle

Des phrases qui mettent la faute sur les victimes

Tout le monde en a déjà dit ou pensé des phrases de même. Mais voici des petits trucs à ne plus dire :

  • Pourquoi il/elle n’a pas dit non plus clairement ?
  • Pas de rapport de police, pas de preuve. Ça ne devait pas être si grave si la personne n’a pas déposé de plainte.
  • Moi, à sa place, j’aurais dénoncé.
  • L’agresseur et la victime avaient bu, c’est difficile de savoir s’il y avait vraiment du consentement.
  • Pourquoi avoir attendu 10 (ou 3, ou 15) ans avant de le dire ?
  • L’agresseur est d’une autre génération. Dans le temps, c’était différent.
  • Pourquoi il/elle a accepté son invitation à aller boire un verre / manger / aller en réunion / en date si ça ne lui tentait pas ?
Source : HuffingtonPost FR

S’informer un peu plus pour dire moins de niaiseries

Je suis super nerd et je crois pas mal au pouvoir de l’éducation. Quand on est renseigné.e, on dit souvent moins de niaiseries. Le tableau juste ici permet de mieux comprendre la différence entre harcèlement, agression et drague (ou cruise en bon québécois).

Récemment, le recueil de témoignages Sous la ceinture, publié chez Québec Amérique, permet d’avoir un bon insight sur le point de vue des victimes et la diversité des types de harcèlement sexuel vécus.

Enfin, je veux souligner le super travail de mes collègues de l’Internet qui ont écrit des textes super pertinents dans les derniers jours.  Celui de Ton petit look est pas mal bon.

Mettons que tu vois ton boss mettre son pénis dans la face d’un.e employé.e (exemple extrême) ou que tu entends ton beau-frère dire que c’est « plus facile de pogner une petite quand elle est un peu chaude ». Ben bravo, t’es témoin de harcèlement sexuel ! C’est le moment de t’exprimer et de ne pas accepter la situation. Dénonce.

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Crédit : Ambivalently Yours

Quoi faire quand quelqu’un se confie

Si quelqu’un (surtout un.e ami.e) se confie à toi et est victime de harcèlement ou d’agression sexuelle, voici un petit guide pour être un.e bon.ne allié.e.

Valider les émotions de l’autre et la croire.

Des émotions normales pour les victimes sont la honte, la colère, la culpabilité… Au lieu de dénigrer ces émotions (surtout la honte), il faut accepter que la personne se sente comme elle se sent et lui affirmer qu’on la croit.

Demander à la personne ce dont elle a besoin et être à l’écoute.

C’est important d’écouter la personne quand elle parle sans la pousser à parler. Il faut respecter son rythme de dévoilement et ne pas forcer la victime à entrer dans les détails de l’agression (ça peut être vraiment traumatisant pour la personne de replonger là-dedans).

Encourager la personne à aller chercher du soutien et l’aider à aller le chercher.

Parfois, une victime ne sera pas prête à aller dénoncer à la police, mais il faut lui rappeler que le moment venu, on va être là pour elle. Même chose pour le soutien psychologique ou médical (souvent négligé). On peut aider la victime à trouver des ressources, l’accompagner aux rendez-vous, l’aider avec les suivis…

Ne pas essayer de lui changer les idées et d’invalider son expérience.

C’est important de changer les idées de la personne si c’est ce dont elle a besoin, mais il faut aussi lui laisser un espace pour s’exprimer, se confier et exprimer ses émotions difficiles, lorsque nécessaire.

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Voici des ressources pour les victimes d’agression sexuelle

Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal
Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC)
Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS)
Trêve pour elles
Mouvement contre le viol et l’inceste 

Merci à Marie Santerre-Baillargeon pour la collaboration à cet article. 

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