La première fois que j’ai rencontré Olivier Corno, c’était dans un pool party chez un gars de mon école secondaire. À ce moment-là, on savait qu’on allait bientôt entendre parler de lui. C’est plus tard (genre 2-3 ans) en surfant sur le net que j’ai vu les oeuvres de cet homme bourré de talent. OliCorno est unique en son genre, non seulement il fait des oeuvres de toutes beautés, mais se donne aussi dans des performances artistiques extraordinaires (no joke). Je l’ai rencontré pour qu’il vous présente un peu ses projets et qui il est.

Salut Olicorno, peux-tu te présenter aux lecteurs ? 

Allo ! J’ai 24 ans, je suis un artiste du Saguenay, établi à Montréal depuis 5 ans. Je suis bachelier du HEC Montréal et je me consacre à temps plein sur mon art depuis 2 ans. Je suis… un créatif, un intense, un passionné et un ambitieux.

Avant d’être un artiste visuel, j’étais pianiste, j’ai étudié sérieusement le piano pendant 15 ans. Puis j’ai naturellement déplacé mon focus vers l’art de performance, puis vers la peinture. Maintenant je suis plutôt polyvalent, je crée de l’art visuel dans des contextes performatifs, puis je fais moi-même le montage vidéo, et je compose souvent de la musique spécialement pour chaque projet. J’aime toucher à tout et me sentir en contrôle de la création.

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Crédit photo: Frederique Berube

Tu fais de l’art de performance, pourrais-tu nous expliquer en quoi ça consiste ? 

Pour moi, le «Performance Art», ou l’art de performance, c’est un moyen d’expression de l’artiste à travers son corps et ses actions. C’est de l’art visuel centré sur l’expérience vécue par l’artiste, qui met en scène son corps comme un lieu d’expérimen tation sensorielle ou de recherche de sens pour ses questionnements. Le corps devient à la fois l’outil de création et souvent le canevas de présentation de l’œuvre. C’est un matériau brut qu’on cherche à honorer, à utiliser ou à transformer. Le Performance Art n’est jamais chorégraphié, il est toujours réellement vécu par l’artiste. C’est ce qui lui donne son caractère percutant et ce qui le différencie souvent des autres médiums comme la danse ou le théâtre. C’est le contexte performatif et les motivations de l’artiste qui selon moi donnent à l’œuvre toute sa crédibilité et sa valeur.

D’où prends-tu ton inspiration, quel est ton procédé créatif ? 

C’est difficile à dire ! Je travaille souvent sur plusieurs projets en même temps, et chacun a ses motivations et inspirations particulières. J’ai besoin d’être constamment stimulé, ça c’est certain, et je m’inspire beaucoup de l’énergie que je reçois du public. Je crée pour moi, mais aussi pour partager et communiquer, alors ma relation avec le public est capitale dans mon procédé créatif.

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Crédit photo: facebook

Ta prochaine performance semble être vraiment importante pour toi, peux-tu nous en parler ? 

Certainement! Le projet TEMPLE est présentement en cours. C’est en fait une œuvre multidisciplinaire conceptuelle qui cherche à questionner la définition de Performance Art.

En un premier temps, j’ai quitté le pays pendant 10 jours pour créer une performance sans public. Le lieu, la durée exacte, le contenu audiovisuel et les textes présentant l’œuvre sont présentement contenus dans une clé USB.

Dans un deuxième temps, les données seront transférées dans une micro-puce qui sera insérée par chirurgie dans ma cage thoracique. L’opération prendra place à Fredericton cet hiver. Le deuxième volet de TEMPLE consiste donc en une performance d’une durée infinie, à travers laquelle je m’impose le plus grand des défis: garder un secret sans jamais pouvoir le confier à personne.

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Crédit photo: Frederique Berube

L’art est en pleine expansion grâce aux réseaux sociaux et à l’internet, que penses-tu de notre ère actuelle et de l’art au Québec ?

Le plus important c’est de vivre à son époque. Notre réalité aujourd’hui nous force à créer autrement et à communiquer d’une certaine manière. Il faut embrasser l’opportunité je pense, sinon on est voué à l’échec. Pour ma part, j’adore mon époque. J’utilise les réseaux sociaux au maximum, je travaille avec les technologies le plus efficacement possible. Le marché de l’art est en changement rapide, la façon de créer, la distribution, la façon de vendre des billets de spectacle en 2015 changent autant que la façon de vendre des tableaux. Il faut s’adapter ou mourir !

Performance «Mindset #4», Août 2014, Galerie Roccia, Montréal
Performance «Mindset #4», Août 2014, Galerie Roccia, Montréal

Quelle est ta plus grande icône/modèle ?

Marina Abramović est définitivement responsable de mon intérêt pour l’art performatif. J’étais complètement obsédé par son travail et c’est ce qui m’a poussé à créer mes propres performances. Je me suis aussi beaucoup intéressé à Lady Gaga et à sa relation avec ses fans, sa façon de se promouvoir et de communiquer son art, que je respecte énormément.

Tu es aussi musicien avec un CD à ton actif, penses-tu retrouver le piano et sortir un autre album éventuellement ? 

Peut-être !.. mais j’ai l’impression que mon prochain CD n’est pas pour demain. J’ai trop à découvrir et à développer en Art Performatif et en Art Visuel pour le moment. Il y a des tonnes et des tonnes de musiciens, mais très peu d’artistes qui s’intéressent à l’art de performance, et j’y vois une précieuse opportunité de me faire un nom.

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crédit photo: Maxime Thibodeau

Quels sont tes buts pour le futur ? 

Intéresser le public, le divertir, le faire réfléchir, le faire rire.

Populariser l’art de performance.

Me faire connaître à l’international et voyager avec mes projets.

Où peut-on te croiser à Montréal, quel est ton endroit préféré ? 

J’essaie d’être le plus souvent possible au studio, qui est situé dans le quartier St-Henri à Montréal. Sinon je suis souvent sur la promenade Masson et sur le plateau Mont-Royal. J’aime les quartiers qui bougent, et j’aime beaucoup marcher vers nulle part ! Pour m’inspirer.

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