Jeudi dernier se déroulait à l’Église Saint-Jean-Baptiste la rencontre très attendue entre le groupe électro-jazz-pop-machin Misteur Valaire et l’Orchestre Métropolitain. Lors de notre arrivée sur les lieux, une file monstre patientait déjà à l’extérieur.

crédit photo : jimmi francoeur
crédit photo : jimmi francoeur

L’attente en valait la peine : après une introduction symphonique menée de main experte par le très cool maestro Yannick Nezet-Séguin, les boys de Misteur Valaire débarquent par la porte principale en Segway (oui). Vêtus de redingotes, ils dévalent l’allée centrale en lançant des pétales de rose sous les applaudissements des spectacteurs enjoués. Fait intéressant, le groupe a décidé de ne pas se mettre à l’avant-plan (ils sont postés derrière les musiciens) et de laisser toute la place à l’orchestre. C’est donc un show de dialogues plutôt qu’un accompagnement d’artistes (comme Coeur de Pirate, par exemple) que nous propose Misteur Valaire -une première depuis la création des spectacles du genre.

Côté son, c’est parfois inégal. L’acoustique de l’église sied à merveille à l’Orchestre métropolitain, mais on perd parfois le son de la guitare derrière tous les violons. Le micro de Luis Clavis, chanteur principal, semble mal calibré. Sa voix est régulièrement enterrée et on peine à distinguer les mots qu’il chante. Dommage.

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La mise en scène de Brigitte Poupard est exquise. L’humour de Misteur Valaire est mis à contribution dans des intermèdes à saveur religieuse : Luis Clavis nous fait réciter une prière au Segway, l’orgue est utilisé, le choeur est placé au-dessus de l’orchestre… Bref, l’espace est utilisé de manière intelligente et complète. C’est drôle, punché (les chorégraphies de Segway, lolilol) et dynamique.

Mention spéciale au toujours excellent Yannick Nezet-Séguin, qui s’amuse visiblement beaucoup et se dandine tout le long du show. Les gars sont plutôt sérieux et discrets : on les sent plus concentrés. À trop vouloir dialoguer, peut-être a-t-on perdu une partie de l’essence un peu funky du groupe…

Somme toute, on a bien aimé ! Les chansons sont merveilleusement bien adaptées (props aux arrangements d’Olivier Hébert) et on sent comme on devrait dans ce genre de soirée : un peu jet set, un peu party mode, toujours de bonne humeur.