«J’aurais voulu être un artiste» avait un jour dit un certain Claude Dubois. S’il me l’avait dit à moi personnellement, je lui aurais conseillé de s’inspirer de la Montréalaise Pony qui fait des dessins/peintures à se jeter par terre. En mélangeant l’innocence de l’enfance avec la complexité de la vie sexuelle et amoureuse adulte, Pony offre des oeuvres remarquables, uniques et franchement rafraîchissantes. Parce que c’est une jeune artiste qui se démarque de plus en plus à Montréal (entre autres par sa participation régulière au magazine et webzine Urbania), j’ai voulu lui poser des questions qui vous feront connaître la petite fille qui se cache en elle. Voici donc mon entretien avec Gabrielle Laïla Tittley #Pony.

crédit photo: gabriellelailatittley.com/gallerie/
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Où puisez-vous votre inspiration?

Je me suis toujours questionnée à propos de tout, et avec la curiosité vient les questions sans réponses. Ce sentiment d’impuissance est la source de plusieurs de mes angoisses. Et l’angoisse est elle-même la source de plusieurs de mes dessins. Les dessins jouent souvent le rôle de réponses. Des réponses fantastiques et magiques à ces questions sans fin. En gros, l’angoisse et la peur sont mes inspirations premières, je dirais. J’essaye de transformer ces sentiments négatifs en quelque chose de beau.

Comment voyez-vous le domaine de l’art au Québec?

Je crois qu’il y a de plus en plus de place pour les artistes visuels au Québec depuis l’arrivée d’internet et encore plus précisément les réseaux sociaux. La toile est une manière de promouvoir son art gratuitement sans le contexte professionnel. C’est un bel outil pour ceux qui sont à l’aise avec l’auto-promotion. Je crois que ça assure un beau débit d’artiste et ça brise un peu les contraintes et limitations du monde des arts visuels plus traditionnels. Ex: Se trouver une galerie, un agent etc. Ça donne une nouvelle vie et définition de l’art. Ça démocratise l’art, je crois.

crédit photo: gabriellelailatittley.com/gallerie/
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Si vous deviez vous expatrier, où iriez-vous et pourquoi ?

En Scandinavie, certainement! Sinon en Islande. C’est le paradis. J’aime leur mentalité, le maire de Reykjavík est FANTASTIQUE. J’ai toujours feelé ce coin là du monde. Sinon Nouvelle- Zélande/Australie.

Quelle est votre chanson préférée de tous les temps ?

OMG quelle question ! Dans ma tête y’a deux genres de musique. De la bonne musique pour vrai. Et de la bonne musique qui rend heureux et qui fait danser. Pour la bonne musique pour vrai, la toune que j’ai le plus écouté sur repeat dans ma vie c’est ”Luscious Life” de Patrick Watson. Pis pour la musique qui rend heureux : tous les hits des années 90 et 2000. Pas mal toutes les tounes de Beyoncé pis une petite étoile spéciale pour ”Hard Knock Life” de Jay-Z, mon premier disque à vie (10 ans). C’est la première fois que j’ai fait la différence entre de la bonne musique et de la musique normale. Cette chanson marque aussi le début de mon amour pour le rap et le hip-hop.

Si vous pouviez prendre un verre avec une célébrité (morte ou vivante) qui voudriez-vous que ce soit ?

Gandhi. Ça comptes-tu comme une célébrité ça?. Sinon le Dalaï Lama. Oui, le Dalaï Lama. J’aurais besoin de ses conseils, de sa sagesse. Une rencontre avec lui serait le plus beau cadeau du monde !

Quel est votre film préféré ?

Un bon film pour moi c’est si le texte me surprend, me fascine et me fait rire. J’adore les bonnes comédies. Si je suis seule chez moi le soir après une longue journée de travail ardu, je ne vais pas me tapper 12 Years a Slave, mettons. C’est sur que je vais écouter une bonne comédie. Je connais mes auteurs, réalisateurs et acteurs qui savent livrer exactement l’humour qui me rejoint. Des bons exemples : n’importe quoi de Woody Allen, n’importe quel film en lien avec Judd Apatow, les frères Cohen, les films avec Seth Rogan, Paul Rudd, Jason Segel, Leslie Mann, ou Kristen Wiig dedans.

crédit photo: gabriellelailatittley.com/gallerie/
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Si vous n’étiez pas une artiste visuelle, que feriez-vous ?

Je serais travailleuse sociale. J’aime beaucoup les humains (en général). Je crois en eux, et je sais que c’est facile de se perdre dans ce monde chaotique qui semble parfois sans issues. J’ai moi même eu une vie ”pas évidente” pendant mon enfance et adolescence. Je sais qu’on peut s’en sortir heureux. J’aime aider les gens et trouver des solutions à leurs problèmes. C’est quelque chose de très naturel chez moi. Par exemple si je sort d’un resto et j’ai mes restes de bouffe dans les mains pis je vois un itinérant sur mon chemin en allant à la maison, c’est sur que je vais lui offrir. Je suis consciente de la chance que j’ai d’avoir ”trop”. J’aimerais tellement avoir plus de temps pour m’impliquer dans des organismes de bien faisance. C’est d’ailleurs la raison d’être de ”L’amour passe à travers le linge”, la division charitable de Pony. Parce que il y a beaucoup de gens/artistes qui souhaitent redonner à la communauté. C’est une responsabilité sociale.

En plus d’être une artiste exceptionnelle, Pony fait même des bijoux et elle vend aussi des t-shirts! Tout est disponible sur son site et ça ressemble un peu à ça.

crédit photo: gabriellelailatittley.com/gallerie/
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